La
propriétaire de la pousada de Salvador
entasse nos bagages dans un cagibi : nous partons deux jours pour
Cachoeira avec un petit
balluchon. De la gare routière, un bus nous y emmène
en deux heures dans une assez jolie campagne. A 120 km à
l'intérieur des terres, la ville est nichée au creux
des collines, dans le Reconcavo,
une des grandes régions de culture de tabac.
Nous avons réservé
par téléphone des chambres à la Pensao
Tia Rosa qui figure en bonne position dans le Lonely
Planet. Après avoir poireauté une demi-heure, ladite
Tante Rose pointe enfin son nez, assez embarrassée par notre
présence. La pension est complète, alors que avons
versé des arrhes. Précisons que nous cherchions une
pousada plus reluisante, mais qu'au téléphone les
autres n'avaient plus de place. Tante Rose, en quête d'un
dépannage rapide, nous conduit plus loin dans la ville :
deux chambres sordides, et une soi-disant salle de bain répugnante,
sans porte ni plomberie en fonctionnement ! Tous dépités,
nous cherchons une consolation au bar du couvent
Do Carmo transformé en hôtel. Et là
miracle ! Il reste finalement des chambres. Tant pis pour les quelques
réals versés à Tante Rose, qui évidemment
n'aura pas l'honnêteté de nous rendre notre argent.
Après un déjeuner sous le cloître
de notre nouvelle demeure, petite visite de la ville, bien que toutes
les églises soient
fermées. Un impressionnant pont
métallique relie au-dessus du fleuve Cachoeira
à Sao Felix.
Sur le plancher fait de
lattes de bois branlantes passent les piétons, les vélos,
les voitures, et même les trains ! Sao Felix ressemble à
sa ville jumelle, à ceci près qu'elle abrite un véritable
centre culturel où ont lieu conférences et expositions,
et où de jeunes brésiliennes roulent paisiblement
des cigares dans une
petite pièce reconvertie en fabrique.
En fin d'après-midi Cachoeira
commence à s'agiter pour les festivités
du 15 août. Les portes de la maison "nossa
senhora do boa morte" (notre-dame
de la bonne mort) se sont ouvertes pour découvrir la statue
de la vierge, exposée
aux yeux de tous avant la procession de demain. La pièce
du haut sert d'intendance aux soeurs
qui prennent leur repas, puis revêtent leurs habits d'apparât
pour se rendre à la messe dans la chapelle voisine, au rythme
de la chorale. La chapelle se remplit de toutes les personnes âgées
de la ville qui ne céderaient leur place pour rien au monde
! |
Une
bonne nuit qui aurait pu virer au cauchemar chez Tante Rose. La
procession est prévue à 9h00. Comme hier les soeurs
prennent un bon petit-déjeuner et partent s'habiller pour
la cérémonie.
Les plus âgées sont vêtues de noir et rouge,
et leurs cadettes de blanc et vert. Les nouvelles soeurs intronisées
de l'année sont tout en blanc. Peu à peu la foule
grossit : en plus d'un nombre impressionnant de noirs américains
très chics, les journalistes courent partout ! Télévision,
interviews, les soeurs posent et répondent aux questions,
tandis que nous faisons notre plus beau sourire à la caméra
quand elle passe sur nous. Les préparatifs n'en finissent
plus. La fanfare
commence enfin sa marche, précédant le cortège
des soeurs regroupées par catégorie.
Et encore une messe,
mais qui cette fois va durer plus de deux heures. Comme nous avons
trouvé un bon poste d'observation enviés par beaucoup,
il nous reste à faire le pied de grue tout ce
temps-là en attendant la finde la messe. Les nouvelles
soeurs doivent attendre elles aussi, mais debout devant les portes
de l'église sous un soleil écrasant ! Enfin vers
midi démarre la procession,
et nous suivons la vierge
(sa statue seulement !) qui comme année déambule
dans toutes les ruelles de la ville, portée par des fidèles
au son de la fanfare. Ce soir les condombléristes prendront
le relais, mais nous n'avons pas le temps de nous attarder à
Cachoeira. Nous reprenons
le bus pour Salvador
pour passer une dernière soirée dans le Pelhourino.
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