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Carnet
de voyage
du Pantanal et de Bonito
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Jour 8 - Lundi 4 Août : Arrivée
à Campo Grande et accès à l'Estrada Parque
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Notre
avion décolle à 7h00 de Foz
de Iguaçu. Luis avait
commandé un van pour 5h30...qui n'arrive pas. Nous commandons
des taxis, un peu agacés de ce contretemps car nous avions
payé d'avance, ce que nous faisons savoir à Luis
par un petit mot rageur. En fin de matinée, bonne surprise,
nous sommes bien attendus à Campo
Grande. Mais la mauvaise surprise, c' est qu'une
des valises manque à l'appel, malgré toute la bonne
volonté du personnel aérien qui part fouiller la
soute de l'avion prêt à redécoller (les vols
intérieurs font souvent des escales). Avec plusieurs heures
de route aujourd'hui, l'incident ne tombe pas très bien.
Après les formalités
d'usage, notre chauffeur nous amène dans un curieux bureau
de change où l'on ne donne pas de reçu...situé
dans l'arrière-boutique d'une mercerie ! A la gare
routière, Jil, qui tient
l'agence de voyage Pantanal
Discovery et le centre d'hébergement Cabana
do Lontra dans l'Estrada
Parque, récupère d'avance le montant
du séjour. Luis, notre guide d'Iguaçu décidément
fair-play, a téléphoné pour qu'on nous rembourse
le montant des taxis payés à tort. Puis ce sont
quasiment 5 heures de route qu'il faut parcourir dans un van secoué
dans tous les sens, en compagnie d'une bande d'étudiants
anglais peu bavards.
Nous nous arrêtons à
Miranda, une des plus
importantes villes de la région...c'est-à-dire composée
d'une rue et de deux boutiques ! Plus loin, grâce à
un deuxième arrêt, voici nos premiers
caïmans. Un pêcheur
qui nous fait signe d'approcher jusqu'à quelques mètres
des bestiole tente de les émoustiller avec un bout de poisson
au bout d'une canne. Pas très rassurant, mais les caïmans
restent d'une grande placidité. En remontant dans la voiture,
quelques instants de panique : nous avons oublié un de
nos sacs à dos au milieu des caïmans ! Heureusement
le pêcheur était toujours là, et nos billets
d'avion n'ont pas atterri dans la gueule d'un crocodile un peu
bigleux.
Nous arrivons enfin au Cabana
do Lontra, soit quelques cabanons sur pilotis un
peu délabrés et une grande salle commune...encore
plus rudimentaire que dans notre imagination...Tellement originale
cette douche qui n'arrose que le lavabo ! D'ailleurs ici ils ne
disent pas "l'hôtel" mais "le camp"!
Inutile de préciser que nous sommes en pleine nature, et
vraiment loin de tout. A 19h00 c'est le repas collectif dans la
pièce commune, sous des néons blafards...effectivement
c'est bien un camp, on mange le repas prévu à l'heure
prévue par les organisateurs. Mais au milieu de groupes
d'étudiants de nationalités diverses, l'ambiance
est plutôt conviviale. Pas de bol, nous avons encore un
anniversaire à fêter, et non seulement l'endroit
ne s'y prête pas mais en plus les cadeaux sont restés
dans la valise manquante ! En guise d'anniversaire ce sera donc
des haricots noirs, une bougie et au lit !
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Jour
9 - Mardi 5 Août : Le Rio Miranda en bateau  |
Lever
à 5h00, on n'est pas ici pour rigoler. Nous allons passer
une journée complète sur un bateau
traditionnel du
Pantanal, en suivant le cours
du Rio Miranda. Par
chance notre guide est française : Viviane
est installée dans la région depuis quelques mois.
La caractéristique de ce bateau c'est son fond plat, afin
de pouvoir passer partout à la période où les
eaux sont les plus hautes. En conséquence, il faut toujours
se déplacer à deux sur le bateau et de façon
symétrique, afin que l'embarcation ne soit pas déséquilibrée
! Cette
excursion est longue mais exceptionnelle, car les rives comptent
de nombreux habitants : les caïmans
bien sûr, mais aussi les capivaras
(les plus gros rongeurs du monde), les hérons,
les cabeças-secas (oiseaux),
les tuiuius (prononcer
"touyouyou"!) qui symbolisent le Pantanal et peuvent atteindre
2mètre 50 d'envergure. Les caïmans rentrent dans l'eau
à notre approche...La végétation est tout aussi
spectaculaire, avec notamment l'ipérosa,
un magnifique arbre rose réputé pour ses vertus curatives
contre la cancer.
En fin de matinée nous descendons
du bateau pour escalader le morro de
Aceid, l'unique colline de la région qui
compte des espèces rares comme les cactus
géants. Il faut faire attention à
ne rien toucher, car certains arbres servent de nid aux fourmis
rouges. Et c'est tellement raide qu'il est difficile
de ne rien agripper ! Au sommet du morro s'offre une vue fantastique
sur les courbes du Rio Miranda à travers la forêt.
A la descente Viviane aperçoit soudain un petit serpent
vert qui sort d'un arbre et le fait fuir à coups de baton.
Tant mieux, car il s'agit d'un cobra,
et il faudrait être
soigné dans un délai d'une heure après une
morsure pour s'en sortir !
Nous repartons en bateau
dans le sens du retour. Une plage
minuscule sert d'arrêt déjeuner. Et là, surprise,
Viviane plonge dans l'eau sans hésiter ! C'est sans danger
selon elle tant qu'on ne saigne pas, si on veut éviter d'être
grignoté par les piranhas
(autant dire que pour les filles la baignade n'est pas toujours
indiquée...le piranha gynécologue existe !) Les garçons
plongent aussi, à leurs risques et périls : à
leur sortie de l'eau arrivent deux loutres
géantes, qui en général n'hésitent
pas à attaquer l'homme, et un caïman
déguisé en bout de bois ! On se demande quand même
comment il n'y a pas encore eu d'accident. Nous reprenons le fleuve,
quand un violent orage
éclate, tonnerre, éclairs et pluie
diluvienne à l'appui, si bien que l"amiral" du
bateau s'arrête de temps en temps pour écoper ! Pourvu
qu'on ne tombe pas en panne...Heureusement la pluie s'arrête
pour laisser place à une magnifique lumière traversée
d' arcs-en-ciel. Retour
à notre point de départ. Nous réalisons que
depuis ce matin nous n'avons croisé que deux petits bateaux
à moteur, c'est dire si l'on est vraiment seuls au milieu
de la nature.
En soirée vive discussion
avec Rodrigo, qui tient
le camp : selon lui demain sera consacré à la pêche
aux piranhas et à la baignade en bouée, et non pas
à l'équitation comme prévu. Il faut batailler
sec mais nous obtenons gain de cause, heureusement car nous avons
prévu de partir après-demain à Bonito et ne
voulons pas perdre une journée en loisirs de fortune. |
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Jour
10 - Mercredi 6 Août : Jour de pluie, jour de bus, cap sur Bonito |
Catastrophe
au réveil, il pleut des seaux d'eau ! Et ça ne va
visiblement pas s'arranger...Faire du cheval sous la pluie pour
voir des animaux qui se seront cachés ne présente
pas un grand intérêt. La décision est prise,
nous partons aujourd'hui, et tant pis si nous avons payé
ces excursions pour rien. (c'était bien la peine de passer
deux heures en négociations hier !) Rodrigo
s'arrache une nouvelle fois les cheveux, car le seul chauffeur est
à Campo Grande.
La solution sera plus pittoresque
: nous repartons dans la camionnette
du livreur, entassés avec nos valises sur des sacs de ciment
! La piste est très glissante et la voiture ne roule pas
toujours droit...une petite frayeur en prime quand il faut traverser
le pont en bois délabré qui surplombe le Rio Miranda.
Notre conducteur nous laisse à l'arrêt de bus
de la route principale. On nous avait dit 2 heures pour rejoindre
Bonito, en réalité
il en faudra 7, car le bus fait d'innombrables crochets ! Tout ça
est bien long, surtout avec une pluie battante qui vient gâcher
le paysage. Soudain deux policiers
armés jusqu'aux dents arrêtent le bus et entreprennent
une fouille approfondie des sièges arrières...sans
succès. C'est que notre bus vient de Corumba,
carrefour de drogue bien connu en Amérique du Sud.
Après toutes ces heures
de route nous arrivons à Bonito,
petite ville sympathique mais vraiment glaciale ce soir, au sens
propre du terme. C'est le moment de sortir les gros pulls ! Avec
la pluie la ville est déserte, et comme nous hésitons
entre plusieurs pousadas, nous passons une heure à arpenter
la rue principale avec nos valises à roulette, sous l'oeil
curieux des commerçants. Ce sera finalement la
pousada Remanso. Boutiques, bars, cafés
internet, nous avons retrouvé la civilisation. Mais si Bonito
est un lieu de prédilection pour les touristes Brésiliens,
en revanche les visiteurs étrangers sont peu nombreux. En
ce début du mois d'août qui n'est pas une période
de vacances au Brésil, Bonito est donc une petite ville très
calme. Ici même à l'office du tourisme on ne parle
pas un mot d'anglais. Et si l'on voit quelqu'un la tête plongée
dans un poisson ou un tuiuiu, c'est normal, ce sont des cabines
téléphoniques ! La bonne surprise de la soirée
: le bar Taboa,
qui fabrique une boisson délicieuse du même nom, vendue
dans toute la ville. Toutes les autres boissons brésiliennes
coulent aussi à flot, sous les milliers de grafitis, dessins
élaborés ou petits mots, inscrits sur les murs par
les clients. Une tradition que nous avons suivie avec délectation. |
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Jour
11 - Jeudi 7 Août : La grotte bleue de Bonito et la balade en
vélo |
Se
déplacer à Bonito
hors du centre étant une vraie galère, nou cherchons
une agence de voyage, et ce n'est pas ce qui manque à Bonito.
Inutile de chercher loin, Felipe
tient une agence juste à côté de l'hôtel,
ACAO
Turismo & Aventura. En fin
de matinée nous arrivons en van à la
grotte bleue, à
une vingtaine de kilomètres de là. C'est un plafond
de stalagtites en grès
qui surplombe une eau d'un bleu profond, tellement limpide qu'on
en voit le fond même avec 20 mètres de profondeur.
Comme dans toutes les grottes du monde entier, on est prié
de reconnaître la forme du crocodile, de l'oiseau, etc. Petite
pause piscine
à l'hôtel, et dans l'après-midi
nous enfourchons des vélos
loués dans la rue principale : nous nous égarons volontairement
dans une superbe campagne
arrosée du soleil couchant, en compagnie de quelques vaches
en promenade et de jolis toucans
qui passent au-dessus de nos têtes. Pour le dîner nous
choisissons une churrascaria
de la rue pricncipale, égayée par un groupe de musiciens
"troisième âge", tellement sympathiques qu'on
a fini par leur acheter un CD ! |
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Jour
12 - Vendredi 8 Août : Descente sous-marine du Rio Prata  |
Une
petite pensée pour Nicolas Hulot qui nous a donné
l'idée de cette fabuleuse journée. Après
une nouvelle concertation avec Felipe de l'agence de tourisme,
nous arrivons en milieu de matinée au point de départ
de l'excursion, munis d'appareils photos aquatiques loués
à Bonito. L'organisation est très contrôlée
par souci environnemental : l'excursion du rio
Prata ne peut se faire qu'avec un guide
et en effectif limité. Nous voici parés de ces magnifiques
tenues de plongée qui donnent de si jolies silhouettes.
Dernières recommendations du guide, puis court trajet en
jeep suivi d'une vingtaine
de minutes de marche.
Nous découvrons alors, au milieu de la
forêt, une splendide rivière
turquoise d'une limpidité extraordinaire, et habités
de poissons par centaines
: déjà enthousiasmant ! Et bien sûr sous l'eau,
avec masque et tuba,
c'est encore mieux ! Les poissons, comme phosphorescents sous
la lumière du soleil, se déplacent seuls ou par
bancs, sans se soucier de notre présence. Parfois des bouillonnements
de sable indiquent les sources
qui alimentent le Rio Prata.
Chacun s'étant acclimaté à l'eau (de température
agréable quand même), nous entamons la descente du
courant, d'une intensité
parfaite pour se laisser porter naturellement sans trop d'efforts
à fournir. Il faut veiller à poser ses pieds par
terre le moins possible pour ne pas troubler l'eau. Les
poissons, dont certains d'impressionnantes dimensions, suivent
le même chemin que nous. Pas facile la photo sous-marine
! Il n'y a guère qu'un mètre de profondeur en général,
ce qui assure une parfaite luminosité. Voici ensuite la
plus grosse source, dans d'abondants remous. En réalité
nous ne sommes pas encore dans le Rio Prata mais dans un petit
bras de rivière qui vient s'y jeter, au terme de notre
expédition : à une forte baisse de température
vient s'ajouter une profondeur de plusieurs mètres.
Après deux heures et demi d'émerveillement,
nous revenons à notre point de départ en jeep pour
se ruer, ravis et affamés, sur imposant buffet. Le poulet
est délicieux, même si deux aras
profitent d'une minute d'inattention pour finir voracement une
de nos assiettes ! En route pour Bonito, nous descendons de voiture
pour aller saluer un sympathique petit tamanoir
qui n'a pas eu le temps de se camoufler dans une des innombrables
termitières.
Pour tout moyen de défense, il se dresse sur ses pattes
et attend que l'on s'en aille !
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Jour
13 - Samedi 9 Août : La campagne de Bonito à cheval et
retour sur Campo Grande |
Aujourd'hui
nous n'avons que la matinée de disponible, car il faudra
repartir sur Campo Grande.
Deux heures d'équitation
viennent clôre notre séjour à Bonito : un gaucho
et son fils,
qui vivent dans une fazenda
à quelques kilomètres de Bonito, nous
emmènent dans la campagne arrosée d'un soleil matinal
où broutent parfois quelques vaches paisibles. Pas de chute
possible, on n'a jamais vu de chevaux aussi dociles ! A midi nous
grimpons dans le bus
pour Campo Grande qui
surgit enfin après 4 heures et demi de route. L'hôtel
Iguaçu près de la gare routière,
sera parfait pour cette courte nuit...car notre avion décolle
à 5h15 ! Pour éviter une soirée dans ce quartier
plutôt glauque, nous partons en taxi dans le centre ville.
Hélas tous les bars et restaurants indiqués dans les
guides sont fermés ou inexistants...Après avoir déambulé
en long et en large dans un vent glacial, nous retournons tous piteux
à la gare routière, pour se restaurer dans une churrascaria
sinistre. Cette ville ne donne pas envie d'y rester ! Ca tombe bien,
demain à nous Salvador de Bahia... |
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