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Carnet
de voyage d'Ouro Preto
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Jour 20 - Mardi 6 Avril : De Belem à
Ouro Preto |
Aujourd'hui nous changeons complètement de région,
en mettant le cap sur le Minas Gerais
(= "les mines générales"). L'avion ne
décollant qu'en début d'après-midi, nous
profitons de nos dernières heures à Belem
pour refaire une petit tour matinal au marché
Ver-O-Peso, cette fois-ci avec un sac à dos contenant
notre gros appareil photo, contre toutes les règles élémentaires
de prudence. Mauvaise idée ! Nous nous apercevons rapidement
que nous sommes suivis...par chance,
le jeune homme qui louche sur le sac ne fait pas dans la discrétion
!
A 15h00 l'avion décolle
pour Brasilia, et après une courte escale nous voici à
Belo Horizonte à 20h00. Il est
trop tard pour prendre le bus jusqu'à
Ouro Preto. Nous cherchons un hôtel
en taxi, mais le chauffeur suggère de nous emmener directement
à Ouro Preto. Pourquoi pas ?
Sur un malentendu phonétique (au lieu d' "autocarro",
l'autobus, le chauffeur a compris "multo carro" , très
cher ! ) le prix baisse de 150 à 120 Rs. OK, c'est parti...En
1h20 nous arrivons à Ouro Preto, où un rabatteur
guette les rares taxis encore susceptibles de montrer leur nez.
Il nous vante les mérites d'un hôtel
tout proche. Acceptant de jeter un oeil, nous sommes séduits
par une jolie chambre en duplex tout en parquet de l'hôtel
Colonial, de surcroit idéalement placé.
Finie la moiteur de Belem, le fond de l'air est plutôt frisquet...
On apprécie la couette !
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Jour
21 - Mercredi 7 Avril : Ouro Preto  |
Aujourd'hui
visite complète d'Ouro Preto et
de ses innombrables églises. La
ville historique est de taille raisonnable, mais le dénivelé
est tel qu'arpenter les ruelles pavées devient rapidement
épuisant ! Tout en demeures coloniales et en églises,
Ouro Preto forme un bel ensemble harmonieux de tuiles
rouges et de clochetons jaunes et blancs,
encastré dans la montagne. Depuis
la gare routière, le panorama
est splendide. Bien sûr, rien à voir avec le nord du
pays, nous retrouvons ici une culture européenne et un tourisme
bien présent (surtout français ! ). D'ailleurs la
ville attend de pied ferme les visiteurs, avec une multitude de
restaurants et de boutiques, essentiellement de bijoux. Beaucoup
de baba-cool semblent s'être arrêtés ici. On
trouve aussi toutes sortes d'objets taillés dans la pierre
à savon issue des carrières environnantes.
En
partant de la place Tiradentes, qui porte
le nom de son plus célèbre insurgé, nous explorons
la vieille ville. Mention spéciale à l'église
St François d'Assises, édifiée à
la fin du XVIIIème siècle, avec son porche
en pierre à savon et surtout son extraordinaire
plafond. C'est l'oeuvre d'Aleijadinho,
une grande figure artistique d'Ouro Preto : fils d'un portugais
et d'une esclave africaine, il contracta la lèpre, ce qui
l'obligea à la fin de sa vie à attacher ses outils
à ses moignons...Beaucoup d'esclaves noirs ont travaillé
à Ouro Preto, dont Chico Rei,
un roi africain, qui a donné son nom à la mine où
il travaillait. Il est célèbre pour avoir trouvé
tant d'or qu'il fut le premier à acheter sa liberté.
Nous déjeuner
dans un très bon restaurant "ao
kilo", Cafe & Cia,
dans la ville basse. A l'église Nossa
senhora da Conceiçao, à la décoration
baroque, nous retrouvons la trace d'Aleijadinho avec son tombeau
et le musée dédié à son oeuvre. Un sympathique
étudiant qui arrondit ses fins de mois comme guide culturel
nous raconte l'histoire de sa ville (en portugais bien sûr
!) |
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Jour
22 - Jeudi 8 Avril : Mariana et les mines d'or |
Une matinée consacrée à quelques achats,
comme des objets en pierre à savon
et de la cachaça, dans une petite
boutique qui vend des dizaines de variétés différentes.
La cachaça jaune se boit pure, la blanche sert à faire
des caïpirinhas. Dans
un bar nous rencontrons le surprenant Octavio,
habillé de pied en cap en canettes métalliques
: les clapets décapsuleurs sont associés pour faire
un chapeau et des chaussures, et les fonds de canettes, accrochés
par des fils, deviennent un tee-shirt et une jupette. Octavio se
déplace au son de ses cliquetis
et ne passe pas inaperçu... (mais la question du confort
se pose !) D'ailleurs c'est peut-être lui que nous avions
déjà aperçu à Copacabana lors de notre
prédécent voyage... En quelques instants il fait de
nos canettes un cendrier et un sifflet, et de la bouteille d'eau
une tasse à café !
Nous prenons le
bus pour Mariana qui s'arrête à
mi-chemin aux mines de Passagem, d'anciennes
mines d'or qui ne sont plus aujourd'hui
exploitées. Nous descendons comme Harrison Ford dans un petit
wagonnet à 120 mètres sous
terre, seulement éclairés par quelques faibles loupiotes.
Abandonnées
en 1985, les mines se prolongent en d'innombrables ramifications
: dans la roche on perçait un trou, dans lesquels on glissait
des explosifs pour faire de nouveaux
tunnels. A la grande période de
la ruée vers l'or, plus de 1500 mineurs
travaillaient ici, dont une grande proportion d'esclaves
africains. Les candombléristes
dressaient d'ailleurs des autels et faisaient
des offrandes à Santa Barbara,
protectrice des mines...une prière pas toujours exaucée,
puisqu'évidemment explosions fatales et maladies pulmonaires
emportaient dans la tombe grand nombre de mineurs. Sous la roche
surgissent en lacs bleu turquoise des nappes
phréatiques.
Le
même bus nous conduit en 20 minutes à Mariana,
une ville minière qualifiée de petite soeur d'Ouro
Preto. Moins tournée sur le tourisme, elle possède
un centre commerçant, de jolies ruelles pavées, et
surtout deux très belles églises,
St François d'Assises et Clérigos.
Elles sont malheureusement toutes les deux fermées
aujourd'hui, pour cause de préparatifs pour le vendredi saint.
En soirée
nous quittons Ouro Preto en bus
à 22h00. L'arrivée à Rio
est prévue à 6h00 ! Il faut décliner
son identité au départ, numéro de passeport
compris, car ces bus se font parfois attaquer...Il n'y a que quelques
passagers, donc de quoi s'affaler confortablement, mais c'est sans
compter les multiples arrêts et
de nouveaux voyageurs, et ce toute la nuit ! |
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